Historique et utilisation de la clarinette
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Un peu d'histoire...
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L'origine de la clarinette est assez obscure. Son ancêtre
le plus direct serait le chalumeau du Moyen Age, instrument
surmonté d'un petit tuyau sur lequel se fixait une anche
battante. La clarinette en tant que telle aurait été
créée pour la première fois à Nuremberg
en 1690 par un luthier du nom de Jean-Christophe DENNER.
Les premières clarinettes ne possédaient au
départ que très peu de clefs, ce qui limitait les
possibilités techniques et surtout nécessitait
la possession de plusieurs clarinettes, presque une clarinette
par tonalité ! |
De nos jours, la clarinette comporte treize clefs et se sert
du système dit système BOEHM, du nom de
son inventeur qui eut l'idée de réunir par une
tige mobile un système d'anneaux, permettant ainsi à
la fois un écartement naturel des trous par rapport à
la main, et des doigtés facilités.
Il est à noter également que l'évolution
de la clarinette n'est pas totalement uniformisée car
deux systèmes coexistent donnant deux modèles de
clarinette légèrement différents : le système
dit "allemand" et le système dit "français".
Le système français est, actuellement, le plus
répandu.
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L'utilisation de la clarinette...
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Celui qui a déjà entendu les sons plein
et chaud d'une clarinette pourra peut-être s'étonner
de l'origine du mot "clarinette". Le mot "clarinette"
serait en effet un dérivé de "clarino",
qui était... une petite trompette ! Mais il faut savoir
que les premières clarinettes étaient des "petites"
clarinettes et les gens de cette époque semblent avoir
été impressionnés par le son perçant,
aigu, criard peut-être, de ce nouvel instrument. C'est
ainsi que les premiers concertos qui lui sont dédiés,
à savoir les concertos de MOLTER sont écrits
pour petite clarinette en ré, et en plus
dans le registre de l'instrument le plus aigu.
Ces brillants concertos de MOLTER sont peut-être
les seules pièces baroques connues pour la clarinette,
car très vite les aspirations de l'époque classique
se font ressentir, avec par exemple les concertos de Johann STAMITZ,
Karl STAMITZ, MERCADANTE... On note déjà,
là, des passages écrits dans le grave de la clarinette
même si ce n'est le plus souvent qu'englobés dans
un arpège ou une gamme ,les passages chantés étant
encore réservés presque uniquement à l'aigu.
Il faut attendre MOZART pour que toute l'étendue
de la clarinette soit mise en valeur. Cest véritablement
lui qui a donné à la clarinette ses lettres de
noblesses. Il fut en effet enthousiasmé par cet instrument
dès qu'il l'entendit pour la première fois, comme
en témoigne une lettre écrite à son père
("Père, vous ne pouvez vous imaginer le son de
la clarinette...") mais aussi comme en témoigne
le nombre (...et la qualité aussi) d'oeuvres qu'il lui
dédiera : la plus connue le concerto K622 bien
sûr, mais aussi le quintette avec cordes, le trio dit "trio
des quilles" avec alto et piano, un grand nombre de
divertissement pour trois cors de basset (voir
la famille des clarinettes), et beaucoup doeuvres
de musique de chambre pour vent incluant la clarinette (La grande
Partita pour 13 instruments à vent, des octuors, des quintettes
etc ...).
Lâge d'or, toutefois de la clarinette, c'est incontestablement
la période romantique. On voit en elle le confident idéal
pour les émois de lâme, son timbre sombre
se prêtant à merveille aux drames intérieurs
des compositeurs, mais sachant également manifester la
véhémence quand il le faut. SCHUMANN, BRAHMS
écrivirent de superbes pièce et sonates pour
elle. Carl Maria Von WEBER dans un genre plus extraverti,
séduit par les prouesses techniques possibles, lui laissa
un nombre impressionnant de concertos, duos, quintettes etc...
La clarinette fait alors partie intégrante de l'orchestre
symphonique et y occupe une place importante et toute personnelle.
BERLIOZ fait remarquer par exemple, que la clarinette
est le seul instrument à pouvoir faire enfler le son et
le faire disparaître à l'infini.
C'est à cette époque , que parallèlement
se développent les premiers orchestres militaires qui
deviendront plus tard les orchestres d'harmonie (orchestres composés
uniquement de vents et de percussions). Son importance est centrale
puis que la clarinette est sensée remplacer les violons.
Les progrès techniques de l'instrument au début
du XX siècle ouvre pour la clarinette de nouveaux horizons.
On n'hésite pas à lui donner des solos et des traits
difficiles, parfois même très difficiles comme en
témoignent les oeuvres de RAVEL (Daphnis et
Chloé par exemple). On découvre aussi toute
la famille de la clarinette. La petite clarinette pour son coté
tantôt perçant dans l'aigu parfois mélancolique
dans le grave, et la clarinette basse pour son côté
caverneux et mystérieux amènent des couleurs nouvelles
à l'orchestre qu'exploitent à merveille DEBUSSY,
RAVEL, STRAVINSKY. En Europe de lEST, cest
l'instrument roi : SMETANA, BORODINE, BARTOK
l'utilisent copieusement.
A l'heure actuelle enfin, les compositeurs contemporains ont
fait exploser les possibilités techniques de l'instrument,
poussant l'interprète dans ses derniers retranchements.
Dans les nuances d'abord, nuances extrêmes avec des sons
presque inaudibles, suivis de sons si puissants à s'en
boucher les oreilles ; puis dans la tessiture, avec une utilisation
systématique et à des hauteurs de plus en plus
élevées du suraigu ; dans le technique ensuite,
avec des traits comportant de grands intervalles à des
tempi toujours plus élevés ; et enfin dans l'emploi
d'effets nouveaux (slap, flatterzung, quart de ton, vibrato,
glissando...).
La clarinette aujourd'hui est omniprésente dans tous
les styles de musique (jazz, classique, contemporain, variété,
folklore) et, si l'on en croit Pierre BOULEZ, un instrument
promis à un bel avenir.
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La famille des clarinettes...
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Du plus aigu au plus grave :

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La petite clarinette en Lab : elle est si petite que
les doigts se touchent et que l'anche nous fend la lèvre.
Elle était employée autrefois dans les Musiques
Militaires en Italie (les Bandas). Elle est très rare
et pratiquement inutilisée de nos jours bien que certain
compositeur comtemporain l'est remis à l'honneur ("Espace
déployé" de Gilbert AMY). Sa sonorité
est stridente et perçante.
La petite clarinette en Mib : elle est à la
quarte au-dessus de la clarinette en Sib mais les sons
aigus sont encore plus difficiles à maitriser que sur
la SIb. Certains doigtés spéciaux permettent parfois
de les sortir avec une justesse à peu près satisfaisante
mais les attaquer directement à la bonne hauteur, amples,
et ronds relèvent souvent de la prouesse instrumentale.
Son intérêt réside plutôt dans son
timbre que dans sa tessiture. Elle convient très bien
au passages sarcastiques, diablotins, et un petit peu canailles
("Till l'espiègle" de Richard STRAUSS), mais
egalement aux passages mélancoliques dans le medium et
le grave de l'instrument.
La petite clarinette en Ré : des compositeurs
comme Richard STRAUSS ou STRAVINSKY l'utilisent mais la plus
part du temps les instrumentistes préfèrent jouer
ces traits d'orchestre à la Mib en transposant. Elle ne
s'utilise, en fait, plus guère que pour les concertos
de Molter et ceci est peut-être un peu dommage car le son
est plus doux que sur la MiIb (au même titre que la clarinette
en LA est plus sombre que la Sib).
La clarinette en UT : également tombée
en dessuétude bien que là encore bon nombre d'oeuvres
soient écrites pour cet instrument comme les opéras
de ROSSINI. La sonorité est quelque peu agressive, et
les clarinettistes préfèrent transposer en gardant
la clarinette Sib.
Les clarinettes en Sib : c'est l'instrument le plus
employé des clarinettistes et c'est la clarinette avec
laquelle on débute.
Les clarinettes en La : Il n'y a qu'un demi-ton de
différence avec sa soeur la Sib mais le son change. La
LA est préférerable si l'on veut quelque chose
de sombre, de doux, d'intérieur. La Sib est préférerable
si l'on veut quelque chose de brillant, direct, pénétrant.
C'est pour cela que la LA est beaucoup employée en Musique
de Chambre par MOZART, BRAHMS, SCHUMANN mais delaissé
pour la Sib dans les concertos de WEBER, de SPOHR etc...
La clarinette en LA necessite plus d'air, plus de pression que
la Sib, et donne un peu une impression d'inertie dans les attaques
et les nuances. C'est un très bon moyen de développer
sa sonorité pour la Sib. Il est à noter qu'il existe
une clarinette en LA spéciale concerto de MOZART appelée
la clarinette de basset, et qui descend jusqu'au DO grave (4
notes en plus dans le grave). La version original du concerto
de MOZART comprenait certaines notes en dessous du Mi grave,(Do#
son réel), limite actuelle de la clarinette en LA actuelle).
La clarinette alto en Fa : ancien Cor de Basset. A
la quarte en dessous de la clarinette en Sib, sa sonorité
est beaucoup plus intravertie. Sa forme recourbée au niveau
du pavillon pourrait la faire confondre avec un saxophone. Elle
est surtout employée dans les oeuvres de MOZART et en
particulier dans son REQUIEM qui commence par un solo de 2 cors
de basset.
La clarinette alto en Mib : on rencontre cet instrument
dans certaines Musiques d'Harmonie (en Hollande par exemple)
et dans les ensembles de clarinettes.
La clarinette basse en Sib : elle sonne une octave
en dessous de la clarinette Sib. Son grave est remarquable, à
la fois sombre et caverneux ressemblant un peu à certain
registre doux de l'orgue. Son aigu beaucoup moins centré,
peut exprimer jusqu'à la violence. Le suraigu quant à
lui est beaucoup utilisé en musique comtemporaine pour
son effet sub-éthérique, supraterrestre (Michel
PORTAL)... Les sons multiphoniques, flatterzung, slap et autres
effets foisonnent dans sa litterature comtemporaine.
Particularité technique : des clefs supplémentaires
dans le grave, permettent d'accéder au Mib, et même
sur certain modèle à Ré, Do# et Do.
La clarinette contralto basse Mlb : elle sonne une
quinte en dessous de la clarinette basse. Le registre grave est
d'une profondeur sonore extraordinaire, caverneux, lointain.
Elle est surtout employée en ensemble de clarinettes.
La clarinette contrebasse en Sib : elle sonne une
octave en dessous de la clarinette basse. Ses sons graves ressemblent
aux sons pédales des grandes orgues avec toutefois la
puissance en moins. J'en ai vue une en métal mais elle
existe également en bois. La clarinette contrebasse est
surtout employée en Musique de Chambre. Elle est surtout
employée en ensemble de clarinettes, et lui apporte une
assise sonore fantastique. |
Merci de votre visite. Mise
à jour mai 1999.
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